Les chiffres sont têtus : Trastevere concentre autant de bars qu’un village entier de la péninsule, mais compressés dans un patchwork de ruelles où la légèreté du soir se dispute à la rumeur des verres qui tintent. Ici, on ne s’attarde pas sur le luxe ou le raffinement : l’essentiel, c’est de passer du temps dehors, en bonne compagnie, avec un verre qui circule de main en main.
Trastevere est peut-être le quartier le plus chargé de bars d’une ville où l’idée de s’amuser est de passer des heures dehors avec des amis et une bouteille de vin.
Installé sur la rive opposée du Tibre, Trastevere séduit tout Rome par ses rues pavées, sa facilité d’accès en tram ou en bus, et la présence de multiples campus internationaux. Faut-il pour autant le réduire à un terrain de jeu pour étudiants étrangers bruyants ? Ce serait négliger la diversité du quartier, où des bars pour touristes côtoient des repaires où l’on retrouve la vraie saveur de la vie romaine. Dans cette sélection, place à ceux qui captent l’esprit du Trastevere, sans sombrer dans la caricature.
Un détail utile pour qui découvre les usages locaux : en Italie, le mot « Bar » désigne une adresse ouverte du petit matin au soir, où l’on sert aussi bien un expresso qu’un verre de vin ou un sandwich, là où un Français parlerait de « café ». Pour faire la fête la nuit, on s’oriente plutôt vers un « locale », tandis qu’un bar à bière se nomme « birreria » et un bar à vin, « enoteca ». De quoi varier les plaisirs lors d’une soirée à Rome. Voici donc quelques adresses pour naviguer hors des sentiers touristiques et goûter à l’énergie des bars du Trastevere.
1. Bar San Calisto
Le Bar San Calisto (Piazza di San Calisto, 3) fait figure de monument vivant. Depuis plus de 50 ans, ce lieu rassemble toute la diversité du quartier : artistes, riverains, voyageurs, musiciens de rue, habitués de passage, et même quelques écrivains affûtant leur carnet. Ouvert dès le lever du jour pour le café et la cornetta, il ne désemplit pas jusqu’à la nuit, lorsque la place entière vibre au rythme des discussions animées. Ici, rien de sophistiqué : les spritz sont francs, les tarifs imbattables (un expresso à 0,80 €, la bière à 1,50 €), l’ambiance sans chichis. Alors que le quartier s’embourgeoise lentement, San Calisto a conservé sa simplicité et son ouverture. Peu importe le style ou l’âge, tout le monde y trouve sa place pour boire un verre ou refaire le monde à la terrasse.
Les grands spritzes et les bonnes vibrations sont le nom du jeu au Bar San Calisto. 2. Freni e Frizioni
À quelques rues de San Calisto, Freni e Frizioni joue une partition radicalement différente. Ambiance arty, déco industrielle et surtout cocktails créatifs : ici, la carte ne cesse d’évoluer, avec des boissons inspirées de thèmes inattendus, du cinéma d’animation à la pop culture. Un soir, vous testerez peut-être un « Fizz méditerranéen » (gin, citron, romarin), le lendemain un cocktail à base de rhum, vinaigre de tomate et sucre d’épinards, clin d’œil à Popeye. L’attente au comptoir fait partie du plaisir, le spectacle des barmans en action vaut le détour. Tous les soirs, un buffet apéritif végétalien accompagne les verres. Freni e Frizioni attire autant pour un verre avant le dîner que pour une soirée prolongée, le tout dans une atmosphère électrique qui ne s’éteint qu’au petit matin.
La touche finale d’un martini Freni. Crédit photo : Freni e Frizioni 3. Enoteca La Vite
Imaginez le bar à vin chaleureux par excellence : façade en bois, grandes vitres, tables sur une place paisible. Enoteca La Vite, c’est tout cela à la fois. On ne vient pas ici pour la plus vaste des caves ni pour un apéritif gargantuesque, mais pour une parenthèse simple et authentique. L’ardoise affiche une sélection de vins locaux servis au verre, des assiettes de légumes marinés à partager, et une poignée de tables posées sur la Piazza San Cosimato. Le temps de savourer un prosecco, d’observer les enfants qui jouent au ballon et de sentir le quartier battre doucement, loin du tumulte.
4. Ma Che Siete Venuti a Fa’
Derrière ce nom interpellant, qui pourrait se traduire par « Mais qu’es-tu venu faire ici ? », se cache le rendez-vous des amateurs de houblon. Depuis 2001, Ma Che Siete Venuti a Fa’ s’est imposé comme une référence de la bière artisanale à Rome. Chaque soir, 16 tireuses tournent, proposant des bières italiennes confidentielles, des découvertes européennes, quelques raretés américaines. Les places sont comptées, les prix plus élevés que la moyenne, mais la sélection en vaut la chandelle. On prend son verre, pourquoi pas une triple belge ou une IPA italienne, et on s’installe dehors au milieu des jeunes fumeurs, pour discuter et refaire le monde à la lumière des enseignes.
Petit espace, grand choix de bières. Crédit photo : Ma Che Siete Venuti a Fa’ 5. Bar del Cinque
À l’écart de la cohue des bars à étudiants, Bar del Cinque cultive une atmosphère feutrée et un parfum d’autrefois. Long comptoir, lumières tamisées, banquettes qui invitent à s’installer pour quelques heures : on s’y imagine volontiers en expatrié des années 1920, un journal à la main. Dès l’après-midi, on s’y arrête pour un cappuccino ou un verre tranquille. Mais la nuit venue, le lieu se transforme : une petite station à cocktails prend le relais, les mojitos coulent à flot et l’ambiance s’anime, sans jamais perdre son authenticité. Un mélange singulier qui attire les habitués de jour comme les oiseaux de nuit.
6. Big Star
Big Star est un ovni local, posé à deux pas de la Piazza San Cosimato. Le propriétaire a voulu un bar à l’américaine sans jamais avoir mis les pieds à Los Angeles, et c’est tant mieux. Les murs sont couverts de vinyles, la carte mêle burger californien et lasagne maison, le tout dans une atmosphère décalée mais toujours accueillante. La clientèle, elle, reste majoritairement italienne : étudiants, jeunes actifs et créatifs du quartier s’y retrouvent pour un apéritif, une bière artisanale ou une pause café devant leur ordinateur portable. Une adresse hybride, à l’image du quartier.
7. Stavio
Rome a le goût du houblon, mais aussi celui de l’amaro, cette liqueur amère servie en digestif. Chez Stavio, on retrouve les deux, portés à un niveau rarement atteint ailleurs. Sous les arches d’un pont, au sud de la Stazione Trastevere, Stavio est né d’une micro-brasserie avant de devenir un restaurant à part entière, avec trois salles et une vaste terrasse. Ici, le menu d’amari fait voyager : chaque bouteille est une expérience, chaque infusion une surprise, des écorces aux graines en passant par les fruits les plus inattendus. L’intérieur accueille les dîners, mais les meilleures soirées se déroulent dehors, un verre de bière à la main, ou un amaro pour terminer la nuit. Attention, le troisième verre est réservé aux téméraires, mais qui songerait à juger ?
Le crew (et le brassage) chez Stavio. Crédit photo : Stavio Vous voulez notre guide d’initié pour manger à Rome ? Il suffit d’ajouter votre adresse e-mail dans le formulaire ci-dessous !
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